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Pierre Ducasse,
candidat à la chefferie du NPD



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Travail et démocratisation socioéconomique:
PARTAGE DU TRAVAIL

Quelques problèmes

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire plusieurs politiciens, le chômage est encore un grave problème au Canada. Malgré les chiffres « officiels » sur le taux de chômage, la situation est encore dramatique pour des centaines de milliers de citoyennes et citoyens. Le taux officiel de chômage se chiffre à 7,7% (1 283 700 chômeurs) mais il exclut les canadiennes et canadiens qui sont considérés dans la population dite « inactive », notamment les prestataires de la sécurité du revenu (estimés à environ 1 200 400 au Canada pour l'année 2000).

Sur la population de 15 ans et +

Population active

66,7 %

Population inactive

33,3 %



Sur la population active

Travail à temps plein

75,1 %

Travail à temps partiel

17,2 %

Taux de chômage

7,7 %

Contrairement aux années 40 à 70, le chômage n'est plus conjoncturel (lié aux cycles économiques) mais bien structurel (lié à la structure économique elle-même). Ce chômage est maintenant endémique.

Nous assistons également à un phénomène nouveau, où la croissance économique n'est pas accompagnée d'une croissance proportionnelle de l'emploi. Ceci signifie que la croissance économique ne peut, à elle seule, contrer le chômage. Plusieurs causes expliquent ce fait, mais nous ne pouvons pas passer outre des changements technologiques (automatisation et robotisation dans les secteurs de la transformation et des services) qui entraînent d'énormes gains de productivité et donc des mises-à-pied importantes dans certains secteurs économiques.

Nous pouvons observer des tendances paradoxales dans le monde du travail. En effet, nous observons, d'une part, un chômage important de la part de plusieurs travailleurs et, d'autre part, une augmentation du travail demandé à ceux qui travaillent déjà. N'oublions pas que certaines personnes (pour des raisons familiales ou autres) voudraient avoir la chance de travailler quelques heures de moins par semaine, sans pour autant perdre complètement leur emploi.

De plus, on observe depuis les années 90, une montée importante du travail précaire (temps partiel, sur appel, contractuel, travail « autonome »). Ce travail précaire ne touche cependant pas toute les catégories de personnes également. Ainsi:

  • Les femmes de plus de vingt-cinq ans travaillent à temps partiel dans une proportion de 22.7%, par rapport aux hommes de plus de vingt-cinq ans pour qui c'est 6.1%.
  • Les jeunes de moins de 25 ans, ont un travail précaire à 45%, contrairement à 13% pour ceux de 25 à 65 ans.
  • De plus, les personnes peu scolarisées (9 ans et moins d'études) occupent moins de 5% des emplois au Canada.

Il importe enfin de rappeler les grands écarts de revenus présents dans la classe des personnes sur le marché du travail. Un nombre important de travailleuses et travailleurs gagnent à peine pour se maintenir au-dessus du seuil de la pauvreté; plusieurs sont dessous.

Quelques solutions

Au cours d'un premier mandat, nous adopterons une politique pan-canadienne de réduction et de partage du temps de travail, comme un élément, parmi d'autres, d'une nouvelle stratégie de plein-emploi.

Nous procéderons cependant progressivement. Il ne serait pas souhaitable d'imposer des mesures coercitives à court terme. Nous allons donc procéder, lors d'un premier mandat, par des mesures incitatives.

Nous organiserons de vastes consultations sur une réforme du Code du travail du Canada, afin d'augmenter notamment la flexibilité et la « faisabilité » de mesures de réduction et de partage du temps de travail. Les syndicats, le patronat et d'autres acteurs sociaux seront invités, sans oublier les travailleuses et travailleurs non-syndiqués.

Nous favoriserons des stratégies concertées et en partenariat pour atteindre nos objectifs. Des mesures locales de partage du travail pourraient être mises sur pied pour faciliter la tâche, par exemple des Comité d'action sur le partage du travail (CAPT) composés de syndicats, d'entreprises et d'autres acteurs locaux.

Nous mènerons de larges consultations publiques afin de :

  • Établir des objectifs clairs sur 10 ans;
  • Préciser les modalités d'une approche sectorielle;
  • Proposer des projets pilotes.

Enfin, nous mettrons en place des mesures de compensation du pouvoir d'achat, dans les cas où une réduction du temps de travail entraînerait une réduction du revenu. Nous allons cependant avoir une approche différenciée selon les différents secteurs d'activités, notamment pour les secteurs majoritairement occupés par des femmes. Ainsi, nous combinerons le partage du travail avec l'équité salariale. Nous allons notamment :

  • Implanter une allocation universelle de citoyenneté;
  • Offrir des mesures, par la caisse d'Assurance-Emploi, compensant une partie du salaire perdu;
  • Augmenter le salaire horaire dans des secteurs où la moyenne des salaires est plus basse;
  • Mener des projets pilotes à l'intérieur de la fonction publique fédérale;
  • Pousser en faveur d'un salaire minimum au Canada.


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Autorisé par Jacques Turcotte, agent officiel de Pierre Ducasse.
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